• "fangirler", ou le syndrome de Stockholm des temps modernes

     

    "why can we choooooooose our emotions (why can we choose them ?)" 

     

      Je pense que c'est désormais un secret pour personne, je suis une fangirl. Et c'est triste. Selon urban dictionary, une fangirl c'est, je cite, "une race d'humains femelles qui est obsedée par un personnage de fictif ou un acteur". (ma traduction est assez littérale mais c'est assez comique dit comme ça.) Et j'ai beau me dire "mais non, je suis absolument pas obsédée"... eh bien si, ça s'en rapproche.

      Je fangirle depuis que je suis petite, les personnages de dessins-animés, de mangas ou de films étaient mes premières cibles mais j'étais un tant soit peu intelligente pour me dire qu'ils étaient fictifs alors ça allait. Et puis est venu le temps des rires et des chants ma sombre période One Direction. Heuresement pour moi ça remonte un peu donc je peux dire qu'il y a prescription mais c'était la première fois que je fangirlais sur des gens réels aka Niall Horan

      Dire que j'étais obsédée par Niall James Horan était un euphémisme, je lisais des fanfictions sur lui, j'en écrivais une même (heureusement supprimée depuis longtemps) et je m'inventais des histoires rocambolesques (oui, j'aime placer des mots compliqués) avec cet homme qui a 8 ans de plus que moi (à l'époque je me disais que "l'amour n'a pas d'âge"). J'ai énormément d’imagination alors forcément ça aide. Sauf que voilà, c'était absolument pas la réalité et pour la gamine de 13 ans que j'étais à l'époque, c'était compliqué à admettre. C'est sympathique de s'inventer une vie parfaite sauf que plus tu montes haut dans tes rêveries, plus le retour sur terre fait mal

      Et malgré ça j'ai continué à fangirler sur des acteurs/chanteurs/célibrités que j’idolâtrais alors que eux ne savent même pas que j'éxiste : Matthew Espinosa, Nash Grier, Shawn Mendes (entre autres). 

      J'utilise le terme "idôlatrer" parce que je ne veux pas dire "aimer". Je trouve ça vraiment bête de dire qu'on aime quelqu'un à qui on a jamais parlé et qu'on connait qu'à travers un écran et des réseaux sociaux. J'aimais l'image que j'avais d'eux, ce qu'on me montrait, les vidéos yt, les posts instagram et les tweets mais au fond on nous montre ce qu'on veut nous montrer alors, pour moi, on ne peut pas dire "aimer". Ce serait comme aimer un aliment parce qu'on aime son aspect, si ça se trouve le goût est dégueulasse mais on ne pas vraiment goûter alors on ne sait jamais. Oui, je compare des célébrités à de la bouffe.

      En soi je ne pense pas que "fangirler" soit mal; si on enlève le côté "enragé" et "obsessionnel" ça a même des côtés positifs: c'est une sorte d'échappatoire à... à je sais pas trop quoi. Sauf que quand tu t'enfermes dans ça tu deviens limite égoïste. Par exemple les filles qui se disent "fan" d'un chanteur ou autre mais qui insultent sa copine : c'est vraiment inutilement blessant, si vous "aimez" vraiment la personne vous voulez avant tout qu'elle soit heureuse, même si, oups spoiler alert, c'est pas avec vous. En disant ça j'ai l'impression d'être une vielle moralisatrice mais j'aurais aimé prendre conscience de ça avant alors bon. 

      Et puis y'a le côté "je m'enferme sur moi même". On se fait des films, on va tellement loin que ça fait mal quand on se rend compte que ça ne sera jamais réel. C'est pour ça qu'au fond, le fangirlage c'est le syndrome de stockholm de notre génération, on s'attache à quelque chose qui nous fait plus de mal que de bien, on s'enferme là dedans et même si on sait très bien que c'est pas très sain, on y plonge quand même la tête la première. 

      Je pense, malgré ça, qu'être une fangirl c'est bien si on sait faire la part des choses: j'ai du me rendre à l'évidence : non, je n'allais pas déménager au Canada et tout plaquer pour rejoindre Shawn Mendes, déjà parce que j'ai pas les sous pour et surtout que ça relève du fantasme et baser toute ta vie là dessus c'est carrément fou et stupide. Pourtant je continue à "aimer" (artistiquement et humainement parlant) Shawn et je le soutiens à fond dans ses choix (lorsque je pense qu'ils sont bons.)

      Ah oui, parce qu'il y'a aussi des personnes qui sont tellement aveuglées par l'amour inconditionnel qu'elles portent à leur idole que pour eux, tout ce qu'elle fait est génial, même quand ce n'est pas le cas. Prenons le cas de Luke Hemmings (le bel homme sur les photos du haut). Je suis fan de Luke et de son groupe mais il y'a eu des scandales avec son ex-copine qui ont pris des proportions énormes parce que les fans refusaient d'admettre que leur idole n'était pas un saint. (Si ça vous interesse, je vous mets un lien vers un article) Elles ont donc insulté allegrement la dite ex-copine (qui n'était pas toute blanche non plus, bien sûr, mais qui était concernée et qui connaissait toute l'histoire) qui s'en prenait déjà plein la gueule alors qu'elle sortait avec la star pour les raisons que j'ai cités plus haut : la jalousie. 

      Je trouve ça affligeant de faire preuve d'aussi peu d'esprit critique face à une situation; si vous n'avez pas d'avis constructif sur la question, rien ne sert de l'ouvrir et les "non mais je défend mon homme" ne marchent pas (outre le côté irréaliste de appellation, c'est tout simplement stupide). Si "ton homme" te bat, tu vas le défendre ? Je ne pense pas. J'espère pas. Mais bref, on s'éloigne du sujet.

      Des fois je me dis moi même que je vais trop loin dans mes délires et ça m'affecte. Pourtant, même si j'ai énoncé plein de raisons plausibles pour arrêter de faire partie d'une race d'humains femelles qui est obsedée par un personnage de fictif ou un acteur, je reste et je resterais une fangirl.

    Bref, j'ai moi aussi le syndrome de Stockholm.

    (et je le vis bien)

    (la plupart du temps)

    (soutenez moi en me disant que je ne suis pas la seule dans ce cas là)

    Bref, sur ce je retourne lire des fanfictions clichées et irréalistes.

    la bise,

    wea.

    « maj 190918 ton etranger familier »

  • Comments

    1
    Sunday 23rd September at 15:29

    aimer quelqu'un qu'on ne connait même pas, dont on ne sait rien, qui est, si ça se trouve, super shady et chiant dans la vraie vie, est-ce que ce ne serait pas justement tout le charme du syndrome de stockolm 2.0 aka le fangirl hihi ?

    et j'trouve qu'on ne parle pas assez du fanboy. pasque les mecs qui bavent sur emrata ça passe crem' alors qu'une ado qui donnerait tout pour rencontrer cameron dallas ça fait pitié. laissez les gens vivre leur vie de fan, merde

    sur ce, peace, je retourne regarder les films de noah centineo ((;

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